Oscar Wilde par Richard Ellmann.
C’est sans doute parce que Oscar Wilde a réussi, mieux que quiconque, à faire de sa vie une œuvre d’art que le lecteur se régale de lire son parcours de Dublin à Paris, qui fut en somme le brillant parcours d’un homme brillant vers un destin tragique.
Richard Ellmann nous montre comment Wilde, dandy fin de siècle, construisit son ascension dans la haute sphère londonienne pour ensuite conquérir Amérique en grand apôtre de la Beauté et de l’Art; comment, toujours impérial et enflammé, il menait la conversation et enchantait son auditoire, en jonglant avec les paradoxes et les épigrammes, derniers vestiges avec son oeuvre, de son indéniable génie et de sa rhétorique galvanisante. Et puis, au milieu des succès, de la renommée; au milieu de la gloire, Queensberry et ses hommes, Bosie et les garçons, puis la chute.
Lui qui se savait au bord du gouffre, il fonça et tomba. Condamné pour l’amour des hommes, pardon, pour « conduite indécente avec des hommes », il fut ruiné par la prison et traîner dans la boue. Néanmoins, la prison changea Wilde. Lui qui, jeune, prônait poses et masques, disait désormais que « la souffrance est le secret de la vie » (et non plus l’art). Plein de fougue lorsqu’il fut libéré au bout de deux ans de travaux forcés, l’esprit riche en projets d’écritures, les déceptions en tout genre, les trahisons et la pauvreté finiront d’achever Wilde.

Épave du plus admirable produit d’une société médiocre, il passa ces dernières années à écumer les cafés, se voyant ignoré des personnes qu’il y a dix ans seulement lui léchaient les bottes. De ce géant qui s’éteignit « au dessus de [ses] moyens », en même temps que le siècle dont il avait dénoncé l’ennui et la fausseté, seul subsiste son œuvre ( pièces de théâtre, contes, poésie et bien sûr son seul roman, et quel roman, « Dorian Gray »), empreinte intemporelle de son talent et de sa grandeur redoutable.
Oscar Wilde, par delà le temps, nous tend la main, et nous invite dans son monde.
Laissons nous tenter.
« Cette remarquable biographie redonne vie non seulement à Oscar Wilde mais à toute l’époque victorienne contre laquelle il mena son combat pour la liberté de l’être et des mœurs. Oscar Wilde est né en 1854 d’un couple irlandais étrangement assorti : le père, oculiste éminent, don Juan obstiné ; la mère, poétesse, dominatrice et extravagante. Les parents eux-mêmes connurent deux procès, et un deuil dramatique : la mort d’une petite fille, très désirée, Isola, qui marqua douloureusement l’adolescence de Wilde, d’autant plus qu’il s’identifia sans doute à elle. Il en résulta, chez l’écrivain, une nature partagée entre la nostalgie romantique et la plus décapante des lucidités ; entre la sensualité d’un Pater et le puritanisme d’un Ruskin ; entre les belles actrices qui jouèrent ses pièces, et les mauvais garçons qui dilapidèrent son argent.
Sa conception esthétique d’un art totalement amoral mit bientôt fin à son mariage avec Constance Lloyd dont il eut deux fils. Fondée sur des textes parfois inédits communiqués par Merlin Holland (petit-fils d’Oscar Wilde) et des lettres d’Alfred Douglas (fils de lord Queensbury, qui l’entraîna dans le procès de mœurs, cause de sa perte), cette biographie est indispensable pour comprendre la complexité d’un esprit à l’originalité incomparable, dont le destin fut de se rendre lui-même prisonnier plutôt que d’être ligoté par les autres. «

[...] et auteur de « Du dandysme et de George Brummell », qui sont les héritiers modernes d’Oscar Wilde et de George Brummell? Existe-t-il encore des vrais dandies aujourd’hui [...]
[...] présentais auparavant la biographie d’oscar Wilde par Richard Ellmann, qui biographiquement parlant est une référence. Seul le style, le précieux style, aurait pu [...]