Chéri, un film magique sur l’amour non éternel

Publié par Bess le 16 avril 2009 à 09:48

Dans le Paris de la Belle Époque, dans les années 10 d’un Paris heureux, Léa de Lonval, courtisane de près de 50 ans entame une liaison avec Fred Peloux, appelé Chéri, un jeune dandy amorphe velléitaire qu’elle a connu en culotte courte.

Chéri n’a pas vingt ans quand il découvre les charmes de cette mangeuse d’hommes notoire.
A mesure que leur amourette dure, Léa de Lonval éprouve le manque de conviction croissant de son jeune amant, Léa ressent, avec un émerveillement désenchanté et la lucidité de l’amertume, les moindres effets d’une passion qui sera la dernière.

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Six ans passent
, aucun des deux n’a voulu montrer à l’autre son réel attachement. Chéri, bon gré mal gré, se voit marier à une riche héritière. Mais il suffit à Chéri d’épouser cette jeune et tendre Edmée pour comprendre que la rupture avec Léa ne va pas sans regrets. Léa, elle, face à une douleur toute nouvelle, fuit en voyage sans laisser d’adresse pour échapper à cette souffrance sans nom. Chéri de son côté, désemparé, fou de penser que Léa puisse de nouveau séduire un autre que lui, fugue, désespéré de l’avoir perdue.

Puis viennent leurs retrouvailles et si les sentiments de Léa sont tout d’abord proches de l’extase, elle réalise vite que Chéri s’éloignera d’elle aussi rapidement qu’il est revenu. Chéri, toujours amoureux du souvenir, retrouve une femme physiquement vieillie qui ne lui plait plus. Le film se clôt sur ces deux personnages, les yeux dans les yeux, impuissants face à l’assaut cruel du temps qui passe.

Après The Queen qui retraçait les non-dire de la monarchie anglaise au sujet de l’affaire Diana, le réalisateur, Stephen Frears s’attelle sur le roman de Colette Chéri. Incomparable avec les Liaisons dangereuses, Stefen Frears filme somptueusement le Paris du début du XXème siècle représenté avec un souci du détail qui nous laisse sans voix. Les costumes sont de toute beauté, les apparats, les tenues sont magiques. Michelle Pfeiffer rayonne dans ses magnifiques tenues de grande Dame du monde et Rupert Friend incarne le typique Dom-Juan qui casse le coeur des jeunes femmes.

Mais au delà de ce film, Stephen Frears nous dévoile un détail que l’on n’avait oublié en venant voir ce film : Le temps qui passe. Vingt ans séparent Les Liaisons dangereuses où Frears, sur un script du même Christopher Hampton, filmait déjà Michelle Pfeiffer.

Cette actrice illumine le film à elle seule et nous montre qu’on peut vieillir tout en ne perdant aucun de nos charmes d’antan. Sa peau satinée, ses yeux-icebergs et sa chevelure de blé sont la preuve que vieillir dans son automne n’a jamais été aussi printanier. Elle a, certes, vieilli, mais le monde aussi et c’est de cette inéluctabilité que Chéri tire son beau pouvoir émotionnel.

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Stephen Frears filme une histoire sentimentale mais au delà de ça : il démontre qu’en amour l’âge ne compte pas, mais jusqu’à un certain point seulement. Il met en scène la fin de la jeunesse, de l’insouciance et d’une certaine forme d’utopie. La peinture narquoise d’un certain milieu mondain, l’analyse subtile de l’âme féminine, les charmes cruels de la séduction, l’humour un peu triste de la romancière.

Chéri est un film raffiné et esthétiquement magique, mélancolique sur l’amour-passion. Mais ce sont les yeux de Michelle Pfeiffer d’un charisme et d’une sensualité incomparables qui donnent le pouvoir au film.

Site : www.cheri-lefilm.com

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